Trois artistes vannetais exposent au Mary-Flor à Vannes-Plescop
DARFEUILLE, JACQUES MERCIER ET ALAIN HISSETTE
Jacques Mercier dit qu’il aimerait dessiner comme Darfeuille. Darfeuille dit qu’il envie Mercier, pour sa manière de peindre et qu’il voudrait désapprendre à dessiner car il se sent coincé par le souci de précision que lui donnent sa formation de graphiste et 7 années de Beaux-arts. Alain Hissette, lui, ne dit rien. pensez donc, il a fait les Beaux-Arts de Lorient, puis Paris. Il est professeur en arts plastiques et enseignant aux ateliers d’Art de Vannes.
Le dessin ? Il ne s’en sert pas pour montrer ce que l’on voit mais pour faire ressentir ce qu’il voit, lui, à travers sa culture, il brûle le réel : « Pourquoi représenter un chien par l’image du chien, disait Picasso ? Après tout, quand on écrit le mot « chien » ça ne représente pas un chien ».
Ce n’est pas là, pas dans le dessin, qu’il faut chercher ce qui réunit ces trois artistes vannetais pour cette exposition.
Ce n’est pas non plus dans leur méthode de travail : Darfeuille, réalise une œuvre en un jour. rarement plus. Quand le besoin de peindre bouillonne, prêt à exploser, il se met à ses pinceaux dans la cabane au fond du jardin et ne les quitte qu’une fois l’œuvre achevée. Il n’y revient jamais.
Jaques Mercier, lui, peut mettre 6 mois ou plus, revenir sur des détails, modifier jusqu’à gâcher son travail sous prétexte de perfectionnisme et jeter finalement le résultat à la poubelle devant le local qu’il s’est aménagé à Arradon : « Ce que je fais méchappe.ce n’est pas raisonné. Parfois je ne sais pas ou je vais. je travaille presqu’autant en effaçant »
Alain Hissette, pour sa part, ne peu travailler plus de trois heures d’affilée tant son atelier installé dans une ancienne écurie est insalubre. Il est en lutte au froid comme aux grandes chaleurs et aux fuites du toit qui lui ont coûté quelques toiles.
Mais alors, qu’est-ce qui réunit nos trois artistes ? L’émotion. Celle qu’ils connaissent. Celle qu’ils veulent donner. Il n’y a pas si longtemps, Jacques Mercier a pleuré devant la toile d’un de ses amis. Alain Hissette ne garde une peinture que quand elle « résonne juste ». Darfeuille pense que « les couleurs dévoilent l’âme ». Pour eux trois, la valeur première est l’émotion. Ils sont heureux d’exposer, et d’exposer ensemble bien que si différents. Ils disent à quel point il est important d’exposer car « C’est sous le regard des autres on se remet en question », « Exposer est une première reconnaissance, vendre est l’ultime reconnaissance, mais quelle angoisse quand on n’est accroché au mur parmi les autres »
Mais les gens savent-ils regarder vos œuvres ?
« Il suffit d’y aller avec le cœur ouvert… »
Gérard Fusil. Le Télégramme
Ils exposeront encore ensemble au Manoir de Lemay à GUÉHENNO
du 23 septembre au 9 octobre 2011